Renforcement des services de distribution d’eau potable à Adéane, Sénégal
La commune d’Adéane est située au bord du fleuve Casamance, à une vingtaine de kilomètre de Ziguinchor dans le sud du Sénégal. La population estimée à 29.000 habitants en 2019 devrait atteindre les 40.000 en 2029. Jusqu’il y a peu, l’approvisionnement en eau était assuré par les femmes et les jeunes filles qui devaient puiser l’eau dans les puits du quartier au moyen d’un seau suspendu à une corde via une poulie.
L’Etat sénégalais ne prend pas en charge l’approvisionnement en eau potable ni sa gestion. Ce sont les communautés locales qui s’occupent de cette tâche. La commune d'Adéane gère cinq réseaux de distribution ’eau, représentant environ 1.500 raccordements vers les villageois. Chaque réseau alimente un ou plusieurs villages, de la commune au travers de 5 forages, le dernier ayant été installé en 2022. Environ50% de la population bénéficie ainsi de ces raccordements. Bien que les infrastructures soient fonctionnelles, leur exploitation reste fragile en raison de lacunes techniques, organisationnelles et financières.
Lire la témoignage de Moussa Dia, délégué communal d'Adéane, chargé de l'hydraulique >
Les actions concrètes prévues comprennent :

Ce projet s’inscrit dans une démarche durable, participative et inclusive. Il vise non seulement à améliorer la santé publique, mais aussi à réduire les inégalités, en particulier pour les jeunes filles souvent en charge de la corvée d’eau.

Quelques données sur Adéane

Notre projet
ISF s’est impliqué dans ce projet, en compagnie de plusieurs partenaires dont la commune d’Adéane, l’ONG italienne ACRA et d’USOFORAL (le Comité Régional de Solidarité pour les Femmes en Casamance), afin d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable à travers le renforcement progressif des services de distribution existants. Le projet consiste à améliorer la gestion administrative afin d’assurer l’autonomie de l’exploitation du réseau, la gestion technique et la sensibilisation des usagés par des programmes de formation. Etant la pression démographique et les besoins en eau pour les activités agricoles, cette initiative vise à renforcer le réseau de manière à pouvoir augmenter le nombre de branchements individuels et donner accès à 15.000 personnes supplémentaires. Le niveau de pluviométrie régional et la profondeur des forages rendent la pérennité
de la disponibilité en eau rassurante.
Phase du projet
L'une des phases du projet a consisté à consolider le réseau par l’enfouissement et la désinfection des canalisations existantes et à réparer les fuites éventuelles. Ensuite, la pose de nouvelles canalisations a permis d’interconnecter les réseaux existants avec l’implantation de vannes et de chambres de visite pour assurer une gestion plus souple.
On s’est également occupé d’assurer la potabilité de l’eau et de la surveillance du volume des réserves des nappes phréatiques afin d’en assurer la pérennité avec une gestion adaptée en cas de menace de pénurie.
La dernière phase du projet, (à financer), veillera à réduire le coût de production de l’eau en équipant certains réseaux d’un système de pompage hybride combinant électricité du réseau public et énergie solaire. Cette approche permettra de limiter la dépendance à une électricité coûteuse et parfois instable, tout en renforçant la résilience du service.
Notre partenaire local
Le partenaire principal est la Mairie d'Adéane qui a délégué son Conseiller à l'hydraulique Mousa DIA pour assurer le relai et la coordination entre Projet et Autorités. La Mairie s'implique dans la mise en œuvre de plusieurs manières: facilité d'accès aux locaux de réunion, pression sur les artisans pour respect des délais d'exécution, financement direct de certaines dépenses comme le raccordement au réseau d'électricité Sénélec, contact avec les sphères ministérielles pour l'obtention d'autorisation, assistance du Maire et de ses adjoints à quelques séances de formation, réception en mon honneur en décembre dernier à l'occasion de la découverte des panneaux publics à propos du projet, diplôme de reconnaissance accordé à ISF en avril 2026.

La volonté et un peu de temps vont améliorer le service à l'usager"
Paul Van Damme
Chef de projet
Ingénieurs sans frontières
L'équipe locale
Charlotte Maistriau
Ingénieur.e Universidad Politecnica de Madrid, UCLouvain, Chef de Projet ISF, projet eau en cours au Togo
Entre les glaces polaires et les rivières africaines, mon fil rouge, c’est l’eau. Bioingénieure diplômée en 2023, je consacre aujourd’hui ma thèse à comprendre sa dynamique dans les pôles. En parallèle, je suis membre d’ Ingénieurs sans Frontières Belgique depuis un an, où je coordonne des projets d’accès à l’eau au Togo et au Congo. À travers ces projets, j’apprends énormément sur le plan humain, technique, mais aussi dans la richesse des échanges, la coordination d’équipes et la rencontre d’autres réalités. Cette expérience me rappelle chaque jour qu’être une ingénieure de demain, c’est avant tout tisser des liens entre savoir-faire et savoir-être.
Paul Van Damme chef de projet ISF
Je suis Thibaut, ingénieur civil en énergie, passionné par les sciences et technologies.
Depuis huit ans, je travaille dans le domaine médical, plus précisément dans les accélérateurs de particules. Mes choix personnels (et professionnels) sont guidés par une quête de sens et d’impact positif. Je crois profondément que les jeunes (et moins jeunes) ingénieurs peuvent servir le bien commun.
Mousa Dia chef de projet local
Bernard Mathieu est ingénieur civil chimiste (ULiège) et porteur d’une licence en gestion. Il a plus de 25 ans d'expérience en matière de développement durable, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’économie circulaire dans le secteur privé au sein de plusieurs groupes industriels. Bernard a participé activement à 4 conférences de l'ONU sur le changement climatique (COP 18, 21, 22, 23), agissant en représentant de son entreprise ou de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB-VBO).
Il travaille actuellement en tant que consultant indépendant en décarbonation et durabilité pour des entreprises industrielles et des fédérations (www.hop3.eu), et expert en ces matières auprès de la Commission européenne. Il enseigne la ‘transformation durable des entreprises’ à la Solvay Brussels School – Economics and Management (Université Libre de Bruxelles).
En tant que bénévole, Bernard est également président du conseil d'administration de l'association « Ingénieurs Sans Frontières Belgique» (www.isfbelgique.org).




